Droit de vote des étrangers
Décidemment, le PS reste englué dans ses archaïsmes en brandissant sa traditionnelle promesse électorale : le vote des étrangers pour les élections locales. On savait que Martine Aubry, ex-candidate aux primaires socialistes ferait du droit de vote des étrangers l’une de ses priorités. François HOLLANDE, candidat désormais officiel, est sur la même ligne.
Ainsi au 6ème chapitre de son projet irréaliste, non financé et… non finançable, le PS s’engage à « reconstruire une politique d’accueil et d’intégration », en déclarant solennellement :
[… ] L’instauration du droit de vote et d’éligibilité aux élections locales pour les étrangers en situation régulière résidant dans notre pays depuis au moins cinq ans favorisera la reconnaissance politique et sociale, ainsi que la responsabilité qui l’accompagne. »
Cette conception démagogique est contraire au bon sens. A l’inverse, le Président de la République a courageusement mis en place une politique d’immigration dans un cadre défini et cette politique porte déjà ses fruits. Tant que nous ne serons pas revenus à un niveau d’immigration « absorbable » par la société, il n’est pas responsable de donner le droit de vote aux étrangers.
D’autant plus que l’actualité nous donne raison : c'est un véritable coup de massue que les Français ont reçu lorsqu’ont été promulgués les résultats de l'élection de l'Assemblée Nationale Constituante tunisienne. Le mouvement islamiste Ennadha a emporté quatre des dix sièges réservés aux Tunisiens de France !
Rappelons que la plus grande communauté de Tunisiens résidant à l'étranger est en France. Il y a dans notre pays environ 600.000 ressortissants tunisiens. Et ces résidents qui se sont rendus dans les bureaux de vote ont choisi majoritairement – soit 32 à 35% des suffrages - un parti religieux. Rachid Ghannouchi, chef de ce parti, n’a-t-il pas aussitôt déclaré que dans la nouvelle Constitution tunisienne l'islam sera la religion officielle ?
Quelles peuvent donc être les motivations de ces franco-tunisiens qui les ont conduits à se reconnaître dans un parti islamiste, alors qu’ils bénéficient de tous les avantages de la laïcité en France ? Ils envoient ainsi des islamistes au pouvoir en Tunisie, alors qu’eux-mêmes n'y vivent pas ! Il y a là plus que des motifs d’interrogation…
Dans ce contexte, quelle perspective pour nos institutions locales si le droit de vote est reconnu aux étrangers ? Soyons clairs : ni plus ni moins que celle de voir se présenter des religieux islamistes aux élections municipales et territoriales et qu’ils siègent au sein des conseils municipaux !
Dans mon livre « Le devoir d’espérance », j’avais déjà exposé mes craintes à ce propos. Ce qui se passe aujourd’hui confirme ces craintes de voir le printemps arabe déboucher sur la pire des issues. J’écrivais en effet :
« Avant de clore ce chapitre, il me faut évoquer une situation paraissant incertaine et dont les conséquences pourraient être graves. Les médias, béats d'admiration ou manquant singulièrement de réalisme, ont abondé de superlatifs pour évoquer les événements qui se sont déroulés dans les pays arabes et que certains analysent comme une avancée démocratique. Je le souhaite car je crois que, dans ces pays, la jeunesse aspire vraiment à plus de liberté, mais je me demande si les « révolutions » qui se sont produites ou qui couvent encore, ne sont pas plutôt des évolutions vers un islamisme (toujours lui) masqué. Les « frères musulmans » en Égypte, la proximité avec l'AQMI en Tunisie, le ressentiment anti-occidental des fidèles de Kadhafi en Lybie pourraient bien conduire demain ces États à prendre des positions belliqueuses contre Israël qui, qu'on le veuille ou non, est bien le seul pays vraiment démocratique de la région où le Liban demeure bancal en raison d'arrangements provisoires et financiers entre les factions qui le composent. Je ne suis pas en mesure d'affirmer s'il existe ou non un complot islamiste à la base des soulèvements populaires qui se sont déroulés, mais leur concomitance, leur encadrement, leur violence toute relative m'incitent à le penser. Étrangement, l’Iran, sous dictature islamiste, n’est pas touché par ce « vent démocratique ». Je souhaite me tromper mais je crains, comme certains blogs le disent plus clairement, sans écho dans les médias français, que le « printemps arabe » se transforme sous peu en un hiver aux couleurs sombres de l'islam radical. ».
Dans ce domaine comme dans bien d’autres, l’angélisme et la démagogie ne sont pas de mise. C’est la responsabilité qui commande désormais que la politique d’immigration soit fondée sur des règles qui garantissent la cohésion nationale.
